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Un contexte sombre, même si les promesses des vendanges sont belles.

Le monde en toute logique s’inquiète, la France s’enfonce à 7 mois des élections présidentielles, cependant, du côté de la vigne, mis à part quelques orages de grêle comme toujours localisés, les sourires sont nombreux.

 

 

Un contexte sombre

 

Les Français ont le moral dans les chaussettes et la consommation patine. De plus, le tourisme et l’oenotourisme, gravement touchés par les incendies en Aquitaine et le prix des carburants n’ ont pas été à la hauteur des espérances légitimes du début d’année. Pour couronner le tout, un été particulièrement chaud a favorisé la consommation notamment de bières au détriment des vins. Il suffisait de visionner les tables de restaurants un peu partout, rarement complets d’ailleurs, pour observer les consommateurs qui se jetaient beaucoup plus facilement sur une bière fraiche et mousseuse où un soda que sur un verre de vin..

 

Bref, ce n’est pas l’extase espérée. D’autre part, mais nous avons déjà longuement abordé ce réel problème, les vins sont vendus trop cher en restauration. Comment défendre l’idée des coefficients multiplicateurs utilisés un peu partout? Comment expliquer que le prix payé pour un verre corresponde parfois au prix de la bouteille ? Messieurs les restaurateurs bordelais, allez donc constater dans la Loire où dans le Languedoc comment font vos confrères…E t je ne parle pas de l’Espagne où la TVA est à 10% sur les vins notamment…

 

 

(c) Photos Jean-Bernard Nadeau

Des vendanges prometteuses

 

Un grand à très grand millésime semble en train de naître avec une précocité historique. Et pour moi, qui dit précocité dit qualité… Et c’est d’ailleurs partout en France. Il a fallu s’organiser dans les propriétés avec des vendanges mécaniques bien souvent nocturnes et le retour de vendangeurs plus jeunes, étudiants courageux, n’ayant pas encore repris les études…

 

Un débourrement précoce et un temps sec, très ensoleillé, historique même ont favorisé une récolte qui en plus fut économe en traitements. C’est d’ailleurs une très bonne nouvelle notamment pour les trésoreries.. Malheureusement, les canicules et la sécheresse ont quelque peu réduit les volumes produits.
C’est le cas partout en France. Les estimations de récolte données début septembre annoncent 34 millions d’hl. pour le pays, c’est moins qu’en 2025 et même largement plus bas ( – 17 %) par rapport aux cinq dernières années. Ce qui n’est pas le cas par contre pour le vignoble bordelais qui, malgré les arrachages, s’en sort plutôt bien. Une évaluation de plus de 10% est annoncée par rapport à 2025 avec 3,5 millions d’hl Bordeaux produirait donc approximativement 10% des volumes français.

 

 

(c) Photos Jean-Bernard Nadeau

Les couleurs du millésime

 

Pour les vins blancs, récolte historique des raisins pour les crémants qui ne se sont jamais aussi bien portés commercialement. Les vins secs sont magnifiques, riches en arômes et bien équilibrés malgré la canicule.

 

Pour les rouges, c’est tout simplement inespéré. Le merlot présente une grande concentration avec des arômes très soignés et des équilibres classiques malgré des degrés élevés. De son côté le cabernet sauvignon réagit toujours bien à des conditions telles que celles de ce millésime. Il évite la surmaturité en préservant la fraîcheur et les caractéristiques propres aux grands médocs. Wait and see mais l’optimisme est général sur la qualité.

Pour les liquoreux par contre en ce 17 septembre, les propriétaires sont confrontés à l’ absence de botrytis. Certes le passerillage est omniprésent et l’état sanitaire excellent de manière générale. Les premières tries sont très expressives et de superbe qualité mais l’absence d’humidité est préjudiciable à l’arrivée de ce fameux champignon qui déclenche la pourriture noble. Mais rien ne presse car nous ne sommes jamais qu’à la mi-septembre.

 

 

Une leçon pour l’avenir ?

 

Ces récoltes précoces répétitives doivent désormais alerter les autorités. La réflexion est générale, il va falloir se réinventer profondément. Que ce soit au niveau des pratiques viticoles mais aussi dans les chais. D’ailleurs le Salon Vinitech-Siefel de décembre ne s’y trompe pas en consacrant une journée au Sommet Agroécologie Bordeaux, organisé par l’association Carbouey, avec 20 conférences autour du thème : « Cultiver dans un monde qui change, quelles solutions ? ».

 

L’irrigation au goutte-à-goutte, notamment de vignes jeunes, revient sur le tapis. Une révolution incontestable au royaume des grands vins. Mais rien ne bouge administrativement. Nous reviendrons prochainement sur ces sujets… chauds….

 

 

Bernard Sirot
Journaliste et dégustateur Vintaste

 

 

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