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Premier bilan dégustation en primeurs du millésime 2008

Par Bernard Sirot,  Fabien Barnes, Jean-Luc Thunevin, Guillaume Halley

Très attendue, cette période exaltante des Primeurs 2008 l’a été à plus d’un titre.
Bien entendu, certains prétendront que le millésime ne pouvait-être bon, d’autres à l’opposé qu’il est dans les meilleurs de la décennie.
Pour ma part, après avoir  dégusté plus de 1000 vins, des plus grands au moins connus, il me semble évident que l’on renoue avec un bon millésime de style typiquement bordelais.
Certes nombre de vins doivent beaucoup aux rendements limités qui partout ont posés problèmes aux vignerons. Attendons désormais avec impatience les prix proposés mais il me paraît évident au regard des vins dégustés que les prix ne connaîtront pas la décote exigée par certains qui n’hésitaient pas à exiger des baisses de l’ordre de 50%…
En quelques mots, les grands vainqueurs sont le blancs secs et les liquoreux mais aussi les vins du libournais et tous ceux dont les assemblages sont marqués par le merlot.
Quand à la rive gauche, les cabernets plus hétérogènes réservent cependant de très belles surprises.
La priorité allant aux grands terroirs et aux vignerons de talent.
Les absents, nombreux cette année, ont d’ores et déjà eu tort car incontestablement le millésime ne passera pas inaperçu…
A bon entendeur salut…
Bernard Sirot (Vino Magazine Benelux et www.closiot.com)

Pendant cette semaine folle des primeurs, nous aurons eu une certitude, un doute et une interrogation.
Certitude : l’idée que 2008 soit un autre 2007 s’est évaporée rapidement. Vin de fruit, vin de chair, vin de plaisir. Complexité et élégance ont parfois même été au rendez-vous pour certains crus.
Doute : un très grand nombre de vins souffrent de finale fortement astringente en déséquilibre avec le manque de puissance en amont. Il est un fait, l’entonnage tardif de ce millésime n’arrange pas la sauce : les vins sont sous la prise de bois maximum.
Interrogation : il se dit que les cours des vins devraient baisser significativement. Baisse délirante en ce qui concerne les Premiers offerts à 250 € en 2007 et qui devraient se situer entre 80 et 100 € cette année.
Bruits de couloir, ou matérialisation de la crise financière des grands dividendes dans l’univers des grands crus?
Fabian Barnes (In Vino Veritas)

La reprise ?
La campagne primeur a enfin vu la sortie de son 1er grand cru classé  mardi matin, et Château Latour, dont je n’ai pas d’allocation en 1ère main a été, en tout cas chez moi, demandé dans l’après midi.  Il m’aurait été facile de vendre plus de 100 caisses (ce que je n’ai pas)… Est-ce le bon prix, la réussite qualitative, le bon moment, la bonne marque ou le bon commentaire de Robert Parker sur le forum de Mark Squire ?
Est-ce là le vrai début de cette campagne ou est-ce aujourd’hui la sortie de 2 bonnes marques : Haut Marbuzet et Léoville Barton ? Le feuilleton des primeurs 2008 commence et pourrait durer jusqu’à Vinexpo qui se tiendra à Bordeaux du 21 au 25 juin et nous seront présents  sur le stand X 324 (Hall 3) pour présenter nos crus et ceux pour qui je suis consultant et gérant.
Jean-Luc Thunevin (négociant et producteur)

La consommation de vin dans son ensemble ne baissera pas. Ce qui va certainement changer c’est le type du vin consommé.
Vendra-t-on à nouveau des 1ers crus classés entre 500 et 1,000 euros et des super seconds entre 200 et 400 euros ? C’est peu probable.
Au contraire, le coeur du marché des grands crus devrait être peu touché, au moins à court terme, car il s’agit de vins de consommation et non de produits financiers spéculatifs comme le sont les vins cités précédemment.
La campagne primeurs 2008  « On ne force pas un âne à boire quand il n’a pas soif » Ce proverbe usuel, cité par J-H Delon, est plus vrai aujourd’hui que jamais, sachant que la campagne sera encore plus difficile cette année.
Malgré une très bonne qualité générale pour le millésime 2008, le marché n’est tout simplement pas prêt à acheter en primeurs cette année.
Il y a deux raisons principales pour l’expliquer. Premièrement, les prix des millésimes 2006 et 2007 ont été acquis à des niveaux de prix trop élevés et n’ont pas encore été entièrement vendu. Deuxièmement, le contexte actuel n’encourage pas les acheteurs à immobiliser des fonds (qu’ils n’ont pas) pour une valorisation peu évidente à moyen terme.
Il y a eu une idée de décaler la campagne au mois de septembre qui permettrait de laisser les intervenants travailler leurs stocks sans avoir à se positionner sur les 2008.
C’est une bonne idée, mais la campagne primeurs va se dérouler « normalement » en terme de timing, les prix seront certainement raisonnables compte tenu de la qualité, et le négoce avec la propriété proposera des facilités de paiement.
Mais, excepté les « grands crus de consommation courante » type Carbonnieux ou Chasse Spleen, les vins ne se vendront pas en primeur, la propriété les portera et les travaillera en livrable.
Guillaume Halley, (Château de la Dauphine)

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