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Portrait d’acteur : Pierre Cazeneuve

 

Pierre Cazeneuve, Château Paloumey, Cru Bourgeois du Médoc.

Photos Jean-Bernard Nadeau – Texte Frédérique Nguyen Huu – Making Of Mathieu Anglada et Arnaud Fleuri.

 

FRANCE, GIRONDE, LUDON-MEDOC, PIERRE CAZENEUVE, DIRECTEUR DU CHATEAU PALOUMEY, HAUT-MEDOC, VIGNOBLE BORDELAIS

 

« Je suis né dans la vigne et dans l’agriculture. » Avec une mère originaire du Blayais, l’enfance de Pierre Cazeneuve baigne dans l’univers viticole. Celui qui avoue également « une passion pour le monde agricole » héritée d’un grand-père céréalier s’oriente « presque naturellement » vers ces domaines au moment d’entamer ses études supérieures.
Diplôme d’ingénieur en agriculture en poche, il s’envole pour les Etats-Unis et un master à l’Université de l’Illinois avant de débuter sa carrière au Mexique et à Madagascar. De retour à Paris, il fonde, avec son frère, une société spécialisée de dépollution des sols, ainsi qu’un cabinet de conseil dans l’évaluation de l’empreinte carbone des entreprises agricoles.

 

Le hasard veut que, lors des vendanges 2013, sa mère lui demande de venir à Paloumey remplacer une ouvrière du chai blessée à la main. « Travail aux chais, remontages, pigeages, retrouvant les gestes de son enfance », il passe trois semaines sur la propriété familiale. Dans les six à huit mois qui suivent son retour en région parisienne, l’idée de reprendre le domaine prend forme. Paloumey tient une place à part chez ce passionné d’agriculture qui, à partir de 12 ans, a vécu et grandi dans ce lieu qu’il considère comme son jardin. En 2014, il y retourne à plusieurs reprises avant de s’y « installer officiellement avec sa famille en 2015. ».

 

 

 

Les deux pieds dans la vigne

 

Fort du travail réalisé par sa mère, Martine Cazeneuve, et de la vision à long terme qu’elle a su insuffler à Paloumey, il apporte une nouvelle dynamique dès son arrivée. Ensemble, ils vinifient les millésimes 2015, 2016 et 2017. Trois années de transition au cours desquelles, il prend le temps « de mieux comprendre la contribution de chaque parcelle sur les vins. » En parallèle, il suit des cours à l’ISVV de Bordeaux, obtient son DUAD et se lie avec le chercheur Axel Marchal qui deviendra l’œnologue conseil de Paloumey.

 

 

FRANCE, GIRONDE, LUDON-MEDOC, PIERRE CAZENEUVE, DIRECTEUR DU CHATEAU PALOUMEY, HAUT-MEDOC, VIGNOBLE BORDELAIS

Sur le domaine, Pierre Cazeneuve initie des changements de grande ampleur travaillant à partir de 2016 au passage en agriculture biologique et replantant 10% du domaine en agroforesterie. A ces grands travaux à la vigne répond aussi la rénovation des équipements avec l’installation de 400 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit de l’espace de réception de la vendange qui assure l’autonomie énergétique de la propriété. En huit ans, Paloumey vit d’importantes transformations jusqu’à la bâtisse du château elle-même, entièrement reconstruite après un grave incendie.

 

Pierre Cazeneuve s’associe aussi avec des amis pour créer en partenariat avec la Fondation des Apprentis d’Auteuil le programme de réinsertion des Vignerons du Vivant. En plus de la gestion de sa propriété, il pilote pendant un temps ce projet dans le cadre duquel des domaines forment de jeunes adultes en difficulté au métier de vigneron par un travail autour de l’agro-écologie.

 

 

 

Apporter de la rondeur aux vins

Avec le recul, huit ans après son retour dans le Bordelais, Pierre Cazeneuve dit réaliser que « le passage en agriculture bio a automatiquement enclenché une forme de mouvement qui a eu d’autres conséquences. » En parallèle, la vigne fait face à un climat qui évolue très vite avec une augmentation évidente de la maturité des raisins. Il est important de prendre toute la mesure de ces évolutions et imaginer une réponse. On a commencé à mettre des choses en place, » poursuit-il « maintenant, on observe l’évolution de la vigne et surtout des vins ! ».

 

FRANCE, GIRONDE, LUDON-MEDOC, PIERRE CAZENEUVE, DIRECTEUR DU CHATEAU PALOUMEY, HAUT-MEDOC, VIGNOBLE BORDELAIS

À Paloumey, les vinifications se sont ajustées à des raisins désormais plus mûrs. Moins travaillés, ils subissent une extraction plus douce par infusion. Depuis 2019, l’équipe du domaine a également réintégré la rafle dans le processus de vinification. Une technique qui apporte plus de douceur et de souplesse pour livrer des vins plus volumineux et plus ronds. Une cuvée sans soufre ajouté, Plume de Paloumey, axée sur le fruit et sans élevage bois a aussi vu le jour.

 

 

 

 

Consolider les fondations posées

 

Au cours des 10 prochaines années, Pierre Cazeneuve entend « consolider les fondations posées avec les changements effectués depuis son arrivée. Voir comment affiner ce qui a été mis en place et, éventuellement, y inscrire de nouvelles évolutions. » Agroforesterie, porte-greffe et couvert végétal comptent parmi les moyens mis en œuvre pour adapter le végétal de Paloumey au réchauffement climatique.

 

Mais il convient de poursuivre l’observation et la réflexion pour trouver des solutions aux années qui s’annoncent. Si les 15 dernières années ont donné des températures offrant de jolis cabernets bien fruités, les choses pourraient changer. L’enjeu de demain consiste à réussir à adapter au mieux l’outil de production, mais aussi à poursuivre « la valorisation de nos vins dans un contexte difficile où les rendements risquent de continuer de baisser, » conclut Pierre Cazeneuve.

 

 

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Adapter le végétal au changement climatique

 

 

 

Making Of

 

 

 

En savoir plus sur le Château Paloumey

 

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