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Les exportations françaises progressent, en valeur

Par François Pargny, pour le Moci

D’après la toute dernière analyse d’Ubifrance, au premier semestre de cette année, les exportations françaises de vin ont gagné 8,2 % en valeur et perdu 8,8 % en volume par rapport à la période correspondante de 2007. Premier enseignement : les vins de l’Hexagone sont bien valorisés sur les marchés étrangers. Notamment aux Etats-Unis, où, en moyenne, 1 000 hectolitres (hl) ont rapporté 1 million d’euros. Deuxième enseignement : les vins de table et de pays perdent du terrain, notamment au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Russie.

En valeur, les exportations tricolores ont dépassé 3,2 milliards d’euros (pour un volume supérieur à 6,66 millions hl). Ce ceux sont les Bordeaux (+ 42, 5 % en valeur ; – 1,5 % en volume) qui tirent les ventes, « notamment le millésime 2005, très coûteux », précise Hervé Henrotte, analyste chez Ubifrance. Les autres vins tranquilles sont en légère baisse (Val de Loire, Côtes du Rhône, Cahors…), tout comme le champagne, alors que crémants de Loire, d’Alsace et Saumur progressent.

Les raisons d’espérer existent au Royaume-Uni, le premier débouché extérieur de la France en valeur (715 millions d’euros) devant les Etats-Unis (500 millions d’euros). Sur ce marché test, friand d’innovations, l’Australie, dont l’offre moderne de vins de cépage faisait fureur encore récemment, s’est écroulée (- 10 % en volume ; – 12 % en valeur). La France a gagné un point de marché avec une offre de qualité, sa part de marché se situant dorénavant à 22,4 % contre 17,8 % pour l’Australie. Par ailleurs, si l’on considère que les livraisons tricolores ont souffert de l’appréciation de l’euro tant au Royaume-Uni qu’aux Etats-Unis, la décrue de la monnaie européenne qui s’amorcerait serait favorable. Les opérateurs de ces deux pays, qui ont vécu sur leurs stocks, reprendraient leurs achats. D’autant plus que les années 2007 et même 2008 s’étant caractérisées par de petites récoltes en France, ils ne peuvent plus tabler sur des baisses de prix.

Les expéditions de la France progressent aussi de 12 % en valeur en Allemagne pour s’établir à 300 millions d’euros. C’est son troisième marché en valeur et le deuxième en volume (1,24 million hl), juste derrière celui du Royaume-Uni (1,28 million hl). « En Allemagne, j’espère que nous avons touché le fond, avec des bordeaux et des côtes du Rhône qui marchent bien, confie Hervé Henrotte. Il y a des consommateurs plus âgés, plus soucieux de leurs santé, qui sortent de l’offre de base que l’on trouve traditionnellement dans les hard discount pour consommer des vins plus qualitatifs ».

En Chine, les livraisons de l’Hexagone ont tout simplement explosé
, tant en volume (+ 49 %) qu’en valeur (+ 44 %). La France profite de l’émergence d’une classe moyenne qui, après avoir débuté par les grands crus, recherche aussi aujourd’hui des produits de gamme inférieure. Attention, toutefois, à ne pas la décevoir en écoulant des produits de mauvaise qualité ! C’est toute l’offre française qui pourrait en souffrir à terme.

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