L’AOC Premières Côtes de Bordeaux amorce un virage stratégique sans précédent. L’appellation fait évoluer son cahier des charges en s’appuyant sur une cartographie scientifique de ses sols qui confirme la qualité et l’adaptabilité de son terroir propice à produire tous types de vin.
En mai 2023, une étude pédoclimatique approfondie a été réalisée par Bordeaux Sciences Agro. Ses résultats sont sans appel : plus de 70 % de la surface de l’aire de production présente un potentiel « favorable » à « extrêmement favorable » pour la production de vins rouges (sur des sols de graves, d’argiles et de calcaires idéalement drainés en coteaux).
Cette étude vient également confirmer la vision d’illustres figures de la viticulture sur le potentiel des grands vins blancs. C’est le cas du regretté professeur et œnologue Denis Dubourdieu qui, dès les années 1970 au Château Reynon, avait prouvé que ces sols calcaires et argilo-calcaires pouvaient donner naissance à des vins blancs secs d’une fraîcheur et d’une finesse exceptionnelles. Dans cette même lignée, les travaux du professeur Philippe Darriet, de l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV) de Bordeaux, mettent en lumière la singularité remarquable du sémillon sur ce terroir.
Si l’appellation s’est concentrée ces dernières décennies sur ses vins blancs doux (et ses rouges jusqu’en 2008), confirmation est faite que la production de grands vins blancs secs fait également partie intégrante de son ADN et de ses usages ancestraux. Aujourd’hui, les vignerons s’appuient sur cet héritage et la science pour redonner à leur AOC historique toute sa diversité originelle.
Le nouveau cahier des charges, validé par une majorité des vignerons lors des Assemblées Générales, a été présenté à l’INAO. Il permettra aux producteurs de commercialiser en 3 couleurs, dès le millésime 2028, sous le nom protecteur de l’AOC Premières Côtes de Bordeaux. Une visibilité simplifiée qui renforcera directement leur notoriété sur le marché.
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