Accueil / Portraits d’acteurs / Portrait d’actrice : Bérangère Tesseron

Portrait d’actrice : Bérangère Tesseron

 

Bérangère Tesseron, propriétaire de Château Larrivaux.
Photos Jean-Bernard Nadeau – Images Drone Stéphane Labaurie – Réalisation Arnaud Fleuri – Interview Frédérique Nguyen Huu.

 

Une histoire d’amour, de famille et de femmes

Propriété familiale, Château Larrivaux se distingue par son mode de transmission peu habituel en terres françaises. Depuis 1581, cette propriété familiale située à dix minutes de Pauillac passe de génération en génération par l’intermédiaire d’une lignée ininterrompue de femmes. Bérangère Tesseron, aujourd’hui à la direction du domaine, avec ses mère et tante Armelle et Sabine Carlsberg, ne déroge pas à cette règle ancestrale, bien que non écrite. « Une page se tournera peut-être après moi, » confie cette mère de quatre garçons, ajoutant qu’il se peut aussi que la tradition perdure si sa nièce souhaite un jour prendre la relève. Évoquant sa relation au domaine, elle décrit un attachement viscéral allant bien au-delà de ces liens familiaux. « Larrivaux, c’est mon cinquième enfant. Je suis connectée à ce lieu depuis que je suis née. » Même si c’est à Bordeaux que grandit Bérangère Tesseron, tout son temps libre, week-ends et vacances, se passe à Larrivaux. Son enfance et son adolescence se vivent au rythme des saisons qui animent le domaine. Vendange, vinification, coupe, son tempo depuis toujours est celui de la vigne.

 

Humilité vigneronne

Au moment de choisir sa voie, Bérangère Tesseron s’oriente vers le droit. Même si elle opte en cinquième année pour une spécialisation en droit de la vigne et du vin, elle est alors décidée à passer le concours d’avocat et à s’orienter vers une carrière juridique. La vie en décide autrement. Au retour de son voyage de noces, sa tante devant quitter la tête du domaine pour des raisons de santé lui propose de prendre sa suite, ce qu’elle accepte. « Je suis arrivée et ne suis plus partie. C’était en 2005 et je n’ai jamais regretté, bien au contraire, » affirme-t-elle ajoutant que le droit et sa rigueur lui servent tous les jours dans la gestion du domaine pour des questions administratives, sociales ou contractuelles. Dans la vigne et au chai, son expérience s’est construite au fil des années. A cet égard, Bérangère Tesseron estime « qu’en viticulture, il faut savoir rester humble et se mettre en position de novice chaque saison ». Chaque millésime apporte son lot de connaissances et conduit bien souvent à reconsidérer les options prises lors des précédents. Pour les aspects techniques, elle s’en remet à son Directeur technique. Présent à Larrivaux depuis 2001, Christophe Barbeyron connaît le domaine mieux que tout autre.

 

Un domaine du Médoc où le Merlot domine

Château Larrivaux, c’est d’abord un ensemble de 70 hectares comprenant bois et prairies. Sur ces terres se trouvent aussi 19 hectares de vignes en production, réparties en trois ilots de parcelles implantées autour du château sur un sol principalement argilo-calcaire. Parce que l’argile domine, il en va de même du Merlot, présent à 61%. Viennent ensuite le Cabernet Sauvignon (26%), le Cabernet Franc (8%) et le Petit Verdot (5%). Les pieds de Cabernet Franc sont d’ailleurs implantés sur des carrières de calcaire, celles-là même ayant servi à construire le château il y a cinq siècles. Parce que ses terroirs sont plus froids que ceux des domaines voisins, Larrivaux entame toujours ses vendanges en dernier. Pas de test pour déterminer le juste moment, mais des visites tous les deux jours dans les parcelles et l’œil vigilant du directeur technique. La récolte se décide à la dégustation des baies. Ensuite, le vin se façonne dans la finesse et la gourmandise. « Nous souhaitons que nos nectars racontent quelque chose et qu’ils donnent envie de se resservir, » explique Bérangère Tesseron. L’essentiel du travail s’effectue en amont, « une fois au chais, pour ne pas matraquer le raisin, on le manipule le moins possible. » Sélection parcellaire, extraction des polyphénols en douceur à basse température, chaque opération se fait dans le respect du fruit et des vins à venir. Avec l’appui de l’œnologue Eric Boissenot, tout est mis en œuvre pour élaborer des vins laissant le plus possible la place à l’expression du fruit. C’est ainsi que sont élaborés Château Larrivaux et ses comparses, Château Le Borderon et L’X selon une même exigence. Elégants, équilibrés et structurés, les vins du domaine sont également dotés d’une belle rondeur.

 

Ouvrir et partager Larrivaux

Exercer le métier de vigneron est une chance. Celle de travailler au contact de la nature et de façonner un produit entrant dans l’intimité des foyers en des occasions festives et conviviales. Parce que ses vins sont associés à des instants de partage, Bérangère Tesseron a souhaité aller plus loin en ouvrant son domaine. « Au départ, avoue-t-elle, la démarche a pu être compliquée, tant cette propriété relevait de mon intimité et de mon histoire personnelle, mais partager Larrivaux est quelque chose que nous faisons avec beaucoup de joie !» Les amoureux de la nature et des bonnes choses trouvent portes ouvertes au château pour un déjeuner ou un pique-nique suivi d’une sieste sous les arbres. C’est l’occasion de venir découvrir, à une heure de Bordeaux, une agriculture non-intensive, un domaine, le métier de vigneron, de même que l’expérience conduite actuellement par trois apiculteurs passionnés visant à réintroduire des abeilles sur les terres du domaine. La meilleure saison pour une balade, un déjeuner et une visite des chais ? Le printemps ou l’été parce que Larrivaux n’est pas chauffé !

 

 

Making of

 

En savoir plus sur le Château Larrivaux

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *