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Portrait d’acteur : François Landais

 

François Landais, propriétaire du Château La Caderie.
Photos Jean-Bernard Nadeau – Images Drone Stéphane Labaurie – Réalisation Arnaud Fleuri – Interview Frédérique Nguyen Huu.

 

Dix générations de vignerons

Dans les archives de la famille se retrouve dès 1751 un ancêtre viticulteur. C’est sur les traces de ses aînés vignerons et de façon plus directe, sur celles de ses grands-parents que François Landais s’engage lorsqu’il se choisit un métier. Après une formation de technicien agricole et un BTS en viticulture et œnologie obtenu en 1988 à Blanquefort, suivi d’une année de service militaire, il ne rejoint pas immédiatement le domaine familial. « Pour voir autre chose et faire ses armes », il travaille d’abord comme chef de cultures sur les 180 hectares des Vignobles Despagne, à Naujan et Postiac, au cœur de l’Entre-deux-Mers. En 1991, il s’installe à La Caderie où il prend la suite de sa grand-mère. Au début des années 90, c’est elle qui porte cette propriété de 5 hectares de vignes où elle assume le suivi des chais et de la vigne ainsi que la commercialisation, aidée par son petit-fils qui se charge depuis 1985 de la vinification.

 

En haut du fleuve

Domaine de la Vallée de l’Isle, La Caderie doit son nom aux cades, tonneaux de 1000 L. Les vins étaient acheminés en barriques de 225 L sur des gabarres à partir de Libourne. Les propriétés situées sur les rives de cet affluent de la Dordogne s’enrichissent à partir de la fin du XVIIIe siècle du commerce vers l’Angleterre où elles expédient directement leur production évitant, grâce à leur situation géographique, les taxes au Port de Bordeaux. Le marché est d’autant plus florissant pour ces vins qu’ils disposent sur nombre de leurs concurrents d’un avantage de conservation en raison de leur localisation en amont du fleuve. Toujours visible sur le domaine, l’édifice principal, une girondine de pierres et moellons sert à l’époque de chais et atteste que l’on produit des vins sur les terres de La Caderie depuis au moins deux siècles.

 

À l’arrivée de la famille Landais, en 1956, le vin de La Caderie est commercialisé en vrac. La première mise en bouteille date de 1973. Lorsque François Landais prend la tête de la propriété, celle-ci ne compte que 5 hectares de vignes. Le nouveau propriétaire se lance d’emblée dans l’extension du domaine. Sémillon, muscadelle, malbec, petit verdot, de même que les plus traditionnels merlot, cabernet franc et cabernet sauvignon sont implantés pour atteindre 20 hectares en 2005. Avec cinq cépages de rouge et deux de blanc, La Caderie dispose aujourd’hui d’un encépagement un peu atypique parmi les Bordeaux.

 

Des terres « propres »

« Mes grands-parents travaillaient en bio sans le savoir », s’amuse François Landais. J’ai repris une propriété où les terres étaient « propres ». Les sols étaient encore travaillés à l’ancienne, selon les quatre façons, avec deux chaussages et deux déchaussages annuels. Il poursuit dans cette voie sans désherbant, ni traitement chimique, et obtient en 2001, 10 ans après son arrivée, la certification bio. Premier et seul domaine des 13 communes du canton de Guîtres à être certifié, La Caderie dispose aujourd’hui d’une expérience précieuse qui lui confère une vraie sérénité face aux aléas climatiques. Ainsi, en 2018, la propriété produit 55 hl/ha quand bien d’autres , même en conventionnel, ne parviennent pas à récolter en raison d’une attaque virulente de mildiou.

 

Une signature particulière

Implanté sur les contreforts de la Vallée de l’Isle, le domaine s’enracine sur un plateau calcaire avec une strate d’argile d’environ 18 mètres qui façonne la signature aromatique de ses vins, blancs comme rouges. Tout en équilibre, les nectars bio de La Caderie sont très fruités et présentent une belle structure. Frais et agréables à boire, ces Bordeaux Supérieur offrent une grande capacité de vieillissement et peuvent être gardés plus de 20 ans. Ils séduisent d’ailleurs largement au-delà des frontières et se vendent à 80% à l’étranger. Les 20% restant sont écoulés en France auprès de cavistes, de restaurateurs et de particuliers. Sur rendez-vous, les curieux peuvent venir visiter le domaine, déguster ses vins et les acheter directement sur place.

 

Une belle biodiversité

Avec 40 hectares de vignes et de prairie, La Caderie présente une biodiversité des plus intéressantes. Protégé des ruissellements par sa situation en haut de coteaux, le domaine jouxte une autre propriété, Château Malfard, également gérée en bio. Les deux domaines forment un ensemble assez unique de 120 hectares dotés d’une faune et d’une flore protégées et très diversifiées. En 2019, La Caderie obtient ainsi la certification HVE. Porté par le souci de toujours mieux faire, François Landais est désormais engagé dans une démarche de mise en œuvre d’un Système de Management Environnemental (SME) de norme ISO 14001. Un objectif ambitieux qui vise des améliorations aussi bien à la vigne et aux chais que dans la gestion des ressources humaines. Et comme il ne manque pas de projets, François Landais envisage aussi, pour pallier au manque de vins, d’étendre encore la superficie de vignes de sa propriété et de construire un bâtiment aux normes SME.

 

 

Making of

 

En savoir plus sur le Château La Caderie

 

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