Auparavant, les vins étaient des sortes de Beaujolais nouveaux à consommer avant l’été faute de quoi ils piquaient. La découverte, vers 1670, des propriétés antiseptiques de la mèche de souffre permettra de produire des vins aptes au vieillissement.
Une première crise survient vers le milieu du siècle des lumières : la demande des vins blancs principalement secs chute considérablement. Heureusement dans le même temps la consommation des rouges s’envole. La solution est toute trouvée. Monsieur de Navarre le constate: « s’il arrive … que des propriétaires arrachent ou greffent leurs vignes blanches pour n’avoir que des rouges… c’est parce qu’ils s’aperçoivent que les commissionnaires de leurs marchands ordinaires, qui n’achetaient que du vin blanc, ont changé de goût et n’en demandent plus que du rouge ». .

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Vers le milieu du XIX° siècle, une nouvelle crise touche Bordeaux : la consommation des vins rouges baisse fortement tandis que celle des blancs secs s’effondre. La demande s’est déplacée en partie vers les vins blancs sucrés. C’est la « fulgurante percée du Sauternes » selon le mot du professeur Enjalbert. Le vignoble bordelais se remet en question et développe une production de blancs liquoreux et demi-liquoreux très importante au point de dominer en quantité les vins rouges. Les premières statistiques, parues seulement dans les années quarante, renseignent une production bordelaise de 59 % de vins blancs liquoreux et demi liquoreux pour 41 % de rouges, les vins blancs secs comptant pour quantité négligeable.
Après la deuxième guerre mondiale, le consommateur brûle ce qu’il a adoré : il se détourne des vins blancs sucrés. Heureusement l’envolée de la consommation de vins rouges offre aux viticulteurs une opportunité de conversion qu’ils vont saisir. A l’exception du Sauternais et de quelques petites appellations voisines, ils arrachent leurs sémillons et sauvignons et plantent des merlots et des cabernets. Certains, beaucoup moins nombreux, se reconvertissent dans la production de blancs secs dont la demande progresse. En une quinzaine d’années le paysage viticole bordelais a beaucoup changé. Au début des années 80 la production annuelle de vin rouge tourne autour de 3 millions d’hectolitres soit l’équivalent de la totalité de la production bordelaise des années soixante toutes couleurs confondues, tandis que le blanc ne représente plus qu’environ 20 % des volumes. Vingt ans plus tard, au début du nouveau millénaire, la part des blancs a encore baissé pour ne plus représenter que 12 % de la production totale soit 800,000 hectolitres, mais ce sont principalement des vins secs, tandis que les rouges ont doublé leurs volumes pour atteindre 6 millions d’hectos.
Maison Féret
Fondée en 1812 par Jean-Baptiste Féret à Bordeaux, la maison Féret est l’une des plus anciennes maisons d’édition spécialisées dans le domaine du vin en France. Après l’emblématique Bordeaux et ses Vins, dont la première édition date de 1850, Féret publia également en 1889 un annuaire des Personnalités et Notables Girondins. Ce dernier devait constituer le premier
tome d’un corpus consacré aux acteurs qui comptaient dans le département girondin.
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