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La minute marché, avec Jean-François Despujols

Rencontre avec Jean-François Despujols, girondin pur jus, baroudeur aux expériences multiples et à l’esprit toujours en éveil.

 

Personnage haut en couleurs, Jean-François Despujols a eu plusieurs vies professionnelles, en Australie, Afrique et en Asie. En 1987,  il décide de s’établir durablement dans la région du Sud-Gironde. Vigneron à Langon depuis 1981 mais aussi dans le Douro dès 2002 avec trois amis, Jean-Francois crée en 1990 la Caisserie du Bazadais. Un entrepreneur né qui emploie aujourd’hui une quinzaine de personnes.

 

 

Bernard Sirot : Le Bois et le vin sont-ils toujours deux univers inséparables ?

 

Jean – François Despujols : Bien entendu ! Dans les chais pour les contenants, foudres et barriques, mais aussi pour habiller dignement les précieuses bouteilles et leur apporter un cachet supplémentaire. Sans oublier une meilleure protection durant les transports et ensuite dans les caves.

 

BS :  La caisse bois est-elle toujours une marque incontestable de tradition pour vos clients ?

 

JFD : C’est indiscutable car les caisses ou coffrets en carton où en plastique ne présentent pas les mêmes garanties de sécurité ni de maintien.

 

BS :  La Caisserie du Bazadais s’est faite une spécialité dans la fabrique des emballages en bois ?

 

JFD :  C’est notre raison d’être. Nous fabriquons sur commande des caisses pour toutes formes de bouteilles et pour toutes appellations.

 

 

JFD : La caisse bois est-elle encore réservée uniquement aux grands châteaux ?

 

JFD : Pas uniquement bien entendu. Tous ceux qui veulent valoriser leur image par une présentation plus soignée, plus personnalisée, peuvent faire appel à nos services et compétences.

 

 

BS :  Y a t’il un avantage pratique du contenant bois par rapport au carton ?

 

JFD : Oui et il est essentiel. Sachant que nous consommons, en principe, les grands vins rouges et blancs après plusieurs années de garde en caves. Dans ces lieux, l’hygrométrie doit-être proche de 70% d’humidité et, bien entendu, les cartons s’affaissent d’où les risques évidents de détériorations des étiquettes notamment. Qui n’a pas connu ce genre de désagrément ? .

 

 

BS : Votre clientèle est-elle uniquement française, voire Bordelaise ?

 

JFD : Nos clients sont pour la grande majorité français et surtout Bordelais. Les plus grands châteaux sont très fidèles à nos contenants.
Notons, entre-autre, à Bordeaux les châteaux Latour, Yquem, Margaux, Ausone, Lafite, Pichon Comtesse, Pontet Canet et en Bourgogne, les maisons Jadot, Rebourseau, Roulot et bien d’autres.

 

 

BS :  La crise actuelle perturbe t’elle le marché de la caisse en bois ?

 

JFD : Bien entendu, comme tous les secteurs d’activités liés à l’économie viticole nous subissons la crise mais nous résistons. Notamment en ce début d’année avec de nombreuses commandes qui montrent encore l’attractivité des vins de Bordeaux.

 

 

JFD : La production dans les régions du Médoc et du Libournais évoluent vers une production moins orientée vers les vins rouges. Qu’en pensez-vous ?

 

JFD : Effectivement, on constate notamment en Médoc que 60% des propriétés ont planté ou plantent actuellement des cépages pour la production de vins blancs labellisé enAOC Bordeaux. C’est un peu, en quelque sorte, un retour au passé lointain. C’est une évolution à suivre avec intérêt. Dans une moindre mesure le Libournais suit ce mouvement plutôt étonnant pour moi. A suivre avec beaucoup de curiosité.

 

 

Mars Despujols. Photo (c) Phil Labeyrie

BS : Quels sont les essences de bois utilisées et d’où viennent -ils ?

 

JFD : Nous utilisons plusieurs essences de pin maritime qui proviennent bien entendu des Landes de Gascogne toutes proches mais aussi du Pays Basque et de Galice en Espagne. Toutes nos impressions dans nos ateliers se font par pyrogravure, en automatique où manuel.

 

 

 

BS : La production Bio est une réalité, les producteurs qui revendiquent ce label sont-ils proches du contenant bois ?

 

JFD : Ils se posent naturellement de nombreuses questions. Il est quand-même démontré que la fabrication du carton est très gourmande en eau et en produits chimiques. Sans oublier une consommation d’énergie électrique non négligeable.

 

 

BS : Quelles sont les perspectives de développement du secteur dans l’avenir ?

 

JFD : Après la tempête revient toujours le soleil. Nous traversons une période économique compliquée et il n’y a pas que le vin qui soit source d’interrogations multiples. Avec mon fils, Marc Petrus, nous avons l’avantage d’avoir une unité de production performante avec des collaborateurs de premier plan. Profitons de ces moments de crise pour préparer l’avenir.

 

 

Plus d’infos

 

Article réalisé par Bernard Sirot.
Photos Bernard Sirot.
Journaliste et dégustateur Vintaste

 

 

 

 

 

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