Echos de Bordeaux

Rencontre avec Anibal Coutinho

Nous avons rencontré Anibal Coutinho, oenologue et écrivain du vin, spécialiste du Portugal, à quelques semaines de la prochaine édition des Citadelles du Vin, le 13 juin prochain, qui mettra à l’honneur les vins rouges du Douro.

 

 

Agence Fleurie

 

Bonjour Anibal, tout d’abord pouvez nous en dire plus sur vous et votre parcours ?

 

Anibal Coutinho

 

Né en 1968, je suis marié et père de deux enfants. Diplômé en génie civil et membre titulaire de l’Ordre des Ingénieurs depuis 40 ans. Ma passion pour le vin m’a conduit à retourner à l’université, à l’Institut Supérieur d’Agronomie, où j’ai obtenu un master en viticulture et œnologie. En 2016, j’ai terminé un doctorat en ingénierie alimentaire, spécialité analyse sensorielle, et j’ai déjà publié une partie de mes travaux. Je suis membre de l’Association Portugaise d’oenologie et de Viticulture, et spécialiste en méthodes d’analyse de l’OIV.

 

À la fin de 2002, j’ai commencé à écrire sur le vin dans des magazines puis comme critique spécialisé, collaborant avec différents journeaux, radios et télés comme l’émission “Hora de Baco”. Depuis 2005, je publie deux sélections annuelles de vins : Copo & Alma, Melhores Vinhos et Copo & Alma, Guia Popular de Vinhos. Je remets chaque année les Prix W à la filière nationale du vin et de la vigne. Je suis également l’auteur du guide sur le Portugal de la collection internationale TOP 10 Vinhos de l’éditeur Dorling Kindersley.

 

Je fais partie du jury de plusieurs concours internationaux de vin, tels que le Concours Mondial de Bruxelles, l’International Wine Challenge, les Vinalies Internationales, Citadelles du Vin, Selections Mondiales Canada ou encore Mundus Vini. Depuis 2024, je suis co-président des concours de l’entreprise allemande DWM, dont le Berliner Wein Trophy. Au Portugal, je préside les concours régionaux de la péninsule de Setúbal et de la Beira Interior, tous reconnus par l’IVV. Je suis également coordinateur de la Chambre des dégustateurs de la CVR de la péninsule de Setúbal.

 

Propriétaire des marques Astronauta et Escondido, en tant qu’œnologue, j’ai déjà vinifié et signé des vins au Portugal, en Espagne, en France, en Allemagne et en Afrique du Sud. J’ai eu l’honneur de concevoir, pour la Federação Portuguesa de Futebol, le vin célébrant la victoire à l’Euro 2016, le plus grand exploit du sport national.

 

J’ai enfin une autre activité professionnelle, dans un tout autre domaine,la musique, Je suis en effet membre de Chœur Gulbenkian depuis 1998

 

 

AF
Pouvez-vous nous présenter les vins de la Vallée du Douro et en particuliers les rouges ?

 

Anibal Coutinho

 

La paysage viticole de la vallée du Douro est classé patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2001. Dans des vallées aux pentes abruptes, pendant des siècles, les viticulteurs héroïques ont transformé une nature escarpée, en construisant des murs de pierre soutenant de petites terrasses de schiste permettant de retenir la faible quantité d’eau, de pratiquer une agriculture de subsistance et de cultiver la vigne, cette monoculture qui semble peigner tous les vallons, avec quelques oliviers délimitant les quintas du Douro.

 

La région s’est développée grâce au vin lorsque la France était en guerre avec l’Angleterre, s’imposant en raison de son climat sec et continental, marqué par des hivers glacials et des étés volcaniques, donnant naissance à des vins rouges d’une grande concentration et d’une forte teneur en alcool. Délimitée officiellement en 1756, la région du Douro introduit le mutage dans les vins de Porto au début du XIXe siècle.

 

Les vins tranquilles du Douro étaient destinés uniquement à la consommation domestique et aux travailleurs jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle. Les premiers œnologues, fils de propriétaires, reviennent de l’Université de Bordeaux vers 1970 pour initier la révolution des rouges Douro DOC, des vins issus de raisins de viticulture de montagne, à faible rendement et à forte concentration, d’une couleur intense et d’une grande structure, avec une longue persistance et un fort potentiel de garde, fondés sur cinq cépages principaux : les autochtones Touriga Nacional, Touriga Franca, Tinta Barroca, Tinto Cão et la voisine Tinta Roriz, plus connue dans la Ribera del Duero sous le nom de Tempranillo. Aujourd’hui, les vins rouges tranquilles du Douro figurent parmi les plus consommés au Portugal, aux côtés des vins de l’Alentejo et de la Péninsule de Setúbal

 

 

AF
Comment avez-vous rencontré le concours des Citadelles du Vin ?

 

Anibal Coutinho

 

Il y a 15 ans, j’ai reçu une invitation au Challenge International du Vin en tant que spécialiste des vins du Portugal, lors d’une édition qui mettait en avant les vins rouges de la Péninsule de Setúbal. Depuis, je suis l’évolution et le succès de ce concours très populaire, ainsi que la consolidation du Citadelles du Vin, régi par les règles internationales de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV), auquel j’ai la chance et l’honneur de participer régulièrement.

 

 

AF
Pourquoi avoir choisi de participer aux Citadelles du Vin ?

 

Anibal Coutinho

 

Une région viticole historique comme Bordeaux mérite d’avoir un concours reconnu, consacré et régi par les règles irréprochables établies par l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin. Tout dégustateur international est enchanté et honoré de recevoir une invitation à faire partie de cette petite élite de jurés spécialistes, de profiter de la convivialité et de l’apprentissage avec ses pairs, à Bourg-sur-Gironde, sur la rive droite des incroyables vins de Bordeaux.

 

 

AF
Vous ressentez un réel impact de vos médailles sur vos ventes et la communication en général ?

 

Anibal Coutinho

Une médaille attribuée à un vin par un concours international prestigieux comme le Citadelles du Vin représente une étape marquante et un formidable encouragement pour le travail du producteur concerné ; pour le consommateur, c’est un signe d’attention, de distinction et de curiosité, parmi les milliers de marques qui inondent les rayons des cavistes et des supermarchés. Ces médailles sont des phares de crédibilité et de préférence, éclairant un monde de communication de plus en plus chaotique et immersif, où règne la confusion, entre les fake news et la réalité…

 

 

 

Précisions sur le concours Citadelles du Vin 2026

Dates du concours : 13 juin.

Clôture des inscriptions www.citadellesduvin.com prévue le 30 avril.

Clôture de réception des échantillons le 7 mai.

Résultats en ligne le 17 juin.

 

 

Plus d’infos :

 

Sur les Citadelles du Vin :
www.citadellesduvin.com

 

Sur Anibal Coutinho
w-anibal.com

 

 

 

 

 

Palmarès Challenge International du Vin 2026

Parmi les 1 477  vins candidats provenant de 22 pays, 479 vins ont été médaillés dont 438 en Or et 41 en Argent.

 

Ce palmarès reflète la richesse et la diversité des terroirs, avec des vins issus de nombreuses régions françaises et internationales. Cette reconnaissance constitue depuis 50 ans un véritable levier de valorisation pour les producteurs récompensés.

 

 

Consultez le Palmarès de cette 50ème édition.

 

 

Réunis les 27 et 28 mars 2026 à Bourg-sur- Gironde, au cœur du vignoble bordelais, 248 jurés de 15 nationalités se sont rassemblés sur 2 matinées pour désigner les lauréats de cette compétition organisée depuis 1976 par le C.D.V. (Concours Des Vins).

 

Cette édition anniversaire, présidée par le Dr George Kotseridis, figure emblématique du monde du vin hellénique, a mis à l’honneur les vins blancs grecs avec un Prix Spécial dédié et une masterclass exceptionnelle.

 

Cette édition est également marquée par la création du Prix spécial des Jeunes Dégustateurs, qui mettra en avant le regard et la sensibilité d’une nouvelle génération de passionnés. A l’occasion d’une dégustation spéciale fin avril, des jeunes étudiants de plusieurs écoles éliront leur prix spécial. L’occasion d’affirmer qu’à 50 ans, le concours est plus que jamais tourné vers l’avenir !

 

 

Prix Spéciaux 2026

 

PRIX SPÉCIAL VIN BLANC GREC
ESTATE ARGYROS pour ESTATE ARGYROS CUVÉE MONSIGNORI
2022 PDO SANTORINI

PRIX SPÉCIAL VIN ROUGE
BODEGA DE SARRIA S.A. pour MARTINEZ CORTA RESERVA
2020 DOP RIOJA RESERVA

PRIX SPÉCIAL VIN BIO ROUGE
SAS RAYMOND VFI pour CHÂTEAU LE BOSQUET DES FLEURS
2025 AOP BORDEAUX

PRIX SPÉCIAL VIN BLANC
SCEA REY SIMON ET FILS – pour DOMAINE DES GRAVES D’ARDONNEAU – SAUVIGNON BLANC
2025 AOP BORDEAUX

PRIX SPÉCIAL VIN BIO BLANC
FATTORIA LA VIALLA DI G.A.B. pour VIN SANTO DEL CHIANTI RISERVA
BLANC DOUX 2018

PRIX SPÉCIAL BLAYE ET BLAYE-CÔTES DE BORDEAUX
SCEA TERRE-BLANQUE pour CHÂTEAU TERRE BLANQUE ROUGE
2024 AOP BLAYE-CÔTES DE BORDEAUX

PRIX SPÉCIAL CÔTES DE BOURG
EARL CHATEAU NODOZ pour CHÂTEAU GALAU CUVÉE BOISÉE ROUGE
2025 AOP CÔTES DE BOURG

PRIX SPÉCIAL VIN ROSÉ
SC CRAMA CEPTURA SRL pour MOTIV CABERNET SAUVIGNON & MERLOT
2025 D.O.C. DEALU MARE ROUMANIE

PRIX SPÉCIAL VIN EFFERVESCENT
CHAMPAGNE GUY BRUNOT BLANC DE NOIRS AOP CHAMPAGNE PREMIER CRU

PRIX SPÉCIAL VIN EAU-DE-VIE
PIERRE DE SEGONZAC XO RÉSERVE AOP COGNAC

 

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La minute marché, avec Karin Meriot

Rencontre avec Karin Meriot, actrice majeure de la culture et de la promotion des vins italiens à travers le monde.

 

 

Basée à Bordeaux, où elle fut une animatrice remarquée de la Cité Mondiale du Vin et des Spiritueux, elle est aujourd’hui une ambassadrice efficace et fort appréciée du Concours Mondial de Bruxelles pour les vins d’Italie.

Forte de plus de trente ans d’expérience au cœur de ce pays, elle porte un regard éclairé sur le rayonnement des vins italiens à l’international ainsi que sur les défis économiques auxquels le secteur est confronté aujourd’hui..

 

 

Bernard Sirot :  En 2025, l’Italie est le premier producteur européen devant la France et l’Espagne… Une place enviée ?

 

Karin Meriot : C’est effectivement une position enviée, mais aussi exigeante. Être premier producteur implique une grande responsabilité en matière de qualité, de régulation et d’image. L’Italie a su conjuguer volumes et diversité, avec une mosaïque de terroirs unique. Cette richesse lui permet de répondre à de nombreux marchés. Du vin accessible aux cuvées premium. C’est un leadership dynamique, fondé autant sur la tradition, avec plus de 500 cépages répertoriés, que sur l’innovation. La force du « Made in Italy » est incontestable et les communautés italiennes à l’étranger en sont les meilleurs ambassadeurs

 

BS : Comme en France et dans les autres pays européens, l’Italie fait face à une crise de sur-production dangereuse. Quelques chiffres pour comprendre les enjeux?

 

KM : L’Italie produit en moyenne entre 45 et 50 millions d’hectolitres par an, avec des variations selon les millésimes. La consommation nationale a chuté sous les 35 litres par habitant/an et en baisse continue.
Les exportations (plus de 20 milliards d’euros) absorbent une grande partie des volumes, mais restent sensibles aux aléas économiques et géopolitiques. Certaines régions accumulent des stocks importants, ce qui pèse sur les prix.

 

BS :  En France on ne parle plus que d’arrachages et de distillations…Des solutions indispensables pour équilibrer le marché. Est-ce le cas en Italie ?

 

KM :  L’Italie et la France font face à une surproduction, mais avec des approches différentes. L’Italie produit environ 47 Mhl avec des stocks élevés (près de 37 Mhl), traduisant un excédent structurel diffus, principalement absorbé par le marché et l’export. En France, la production est comparable (~45 Mhl), mais la surproduction est plus clairement identifiée. Estimée entre 3 et 5 Mhl, et concentrée principalement dans certaines régions comme Bordeaux. Elle fait l’objet de mesures publiques fortes (distillation, arrachage).

 

En résumé, l’Italie gère une surproduction plus “silencieuse”, tandis que la France la traite de manière plus interventionniste.
L’Italie aborde ces mesures avec plus de prudence. Des dispositifs existent, notamment des distillations de crise, mais ils restent plus ciblés. L’approche italienne privilégie souvent la valorisation des vins et la segmentation des marchés. Certaines régions envisagent néanmoins des ajustements de surfaces. Le sujet devient de plus en plus central dans les discussions professionnelles. Des réductions de rendement sont aussi envisagées.

 

BS : La déconsommation intérieure est-elle une réalité comme en France ?

 

KM : La consommation de vin en Italie recule modérément, avec une baisse estimée entre –5 et –10 % ces dernières années. Elle s’établit aujourd’hui autour de 27 à 36 litres par habitant. Cette baisse s’explique surtout par une évolution des habitudes, avec une consommation plus occasionnelle et aussi plus qualitative . Elle est plus marquée dans les grandes villes et la restauration (–12 % début 2025) , tandis que certaines régions du Nord restent plus dynamiques. Moins brutale qu’en France, cette déconsommation contribue néanmoins au déséquilibre du marché italien. Le vin reste ancré dans la culture, mais il est moins présent au quotidien. Cette mutation pousse les producteurs à repenser leur stratégie d’approche du consommateur.

 

 

BS :  Touche-t-elle toutes les générations de consommateurs ?

 

KM : Elles ne sont pas touchées de la même manière. La baisse concerne surtout les jeunes générations, qui consomment moins fréquemment et privilégient des occasions sociales plutôt qu’un usage quotidien. Le nombre de consommateurs reste stable, mais 61 % boivent désormais occasionnellement contre 39 % régulièrement . Cette évolution se fait au profit de boissons moins alcoolisées ou sans alcool (No/Low alcohol), mais aussi de bières, cocktails et boissons perçues comme plus “lifestyle”. Le vin reste présent, mais davantage sur des moments festifs et expérientiels, avec une attente plus forte en termes de style, de légèreté et d’image. Cela redéfinit les codes de communication du secteur .

 

 

BS : La vague d’hygiénisme est-elle aussi puissante qu’en France ?

 

KM : Elle est présente, mais peut-être moins marquée qu’en France. Le vin bénéficie encore en Italie d’une image culturelle et gastronomique forte. Néanmoins, les préoccupations liées à la santé progressent, notamment chez les jeunes urbains. Cela encourage le développement de vins plus légers ou à faible teneur en alcool. Le secteur s’adapte progressivement à ces attentes

 

BS :  Les institutions nationales ont pris conscience de la crise qui touche le vignoble. Un plan de relance de la consommation a été décidé dernièrement ?

 

KM : Il ne s’agit pas d’un plan de relance unique et structuré comme dans d’autres secteurs : l’Italie met plutôt en place un ensemble de mesures complémentaires pour soutenir la consommation. Cette stratégie vise à lutter contre la désaffection et les préoccupations santé, en repositionnant le vin comme produit de convivialité et d’identité.

L’État soutient aussi la filière via des financements publics en forte hausse (jusqu’à près d’1 milliard €) et un accès facilité aux aides européennes et des campagnes de promotion et de valorisation sont mises en place, surtout à l’international puisque l’export reste le marché de référence. L’accent est également mis sur l’œnotourisme et l’image du vin comme produit culturel. Beaucoup de régions mobilisent leurs forces sur l’accueil et l’expérience dans les vignes et dans les domaines afin de stimuler la demande tout en renforçant la perception qualitative.

 

 

BS : Et à l’exportation, comment se comportent les vins italiens ? En deux décennies, l’exportation a progressé de 141%. Comment expliquer ce succès ?

 

KM : Ce succès repose sur plusieurs facteurs clés : une offre diversifiée, des prix compétitifs et une grande capacité d’adaptation aux marchés. L’Italie a su investir très tôt dans l’export et construire des marques fortes. La lisibilité de certaines appellations a aussi joué un rôle déterminant. Enfin, la régularité de la qualité rassure les importateurs.

 

 

BS: L’effet « Prosecco » est indéniable… Les vins tranquilles profitent-ils de cette incroyable progression ?

 

KM : Le Prosecco a incontestablement été une locomotive pour l’ensemble du secteur. Il a attiré de nouveaux consommateurs vers les vins italiens. Les vins tranquilles en bénéficient, notamment en termes de visibilité et d’image. Cependant, ils doivent continuer à affirmer leur identité propre. Le potentiel de montée en gamme reste important.

 

 

 

BS: La présence des vignobles italiens a été très remarquée à Wine Paris et Prowein . Vinitaly se profile… Quels en sont les enjeux?

 

KM : Ces salons sont des rendez-vous stratégiques incontournables. Ils permettent aux producteurs italiens de renforcer leur présence internationale et de nouer de nouveaux partenariats. La visibilité de l’Italie y est toujours très forte. A WineParis toutes les régions y étaient représentées avec des pavillons de très grande ampleur. Les producteurs ont bénéficié pour la plupart d’entre d’eux de financements régionaux qui permettent même aux plus petits d’entre eux de pouvoir accéder à ce rendez-vous désormais incontournable.

Vinitaly, reste un phénomène en soi ! C’est un salon à 95% italien et c’est « LE ” rendez-vous de l’année pour les viticulteurs. Plus qu’un salon c’est une fête collective où Vérone se transforme en plateforme d’échanges, de fêtes et en une communauté à part. Vinitaly reste malgré tout une vitrine exceptionnelle du dynamisme du pays et de la vie à l’italienne.

 

 

BS: Le Concours Mondial de Bruxelles est-il un atout pour le vignoble Italien ?

 

KM : Le Concours Mondial de Bruxelles offre une plateforme unique de visibilité et de crédibilité. Les dégustations à l’aveugle permettent de confronter les vins italiens à une expertise internationale exigeante. C’est aussi un formidable levier marketing pour les producteurs. Les médailles facilitent l’accès à de nouveaux marchés. Elles valorisent la qualité et renforcent la confiance des acheteurs.

Quelques exemples concrets sur les opportunités de développement auxquelles les vins primés italiens et étrangers ont accès : le groupe de restauration Bistrot Pedol référence exclusivement des vins primés de tous pays dans ses 5 restaurants italiens, plusieurs restaurants de Rome ont adhéré au label « CMB Experience Certified » en proposant à la carte un minimum de 5 vins primés au CMB. Dans la GDO aussi les chaines PAM et MD proposent à leur clientèle des vins primés et ce sont les seuls qui ont un forte rotation sur les gondoles. Chaque année j’organise depuis 10 ans une remise des prix aux producteurs italiens dans l’enceinte de la Préfecture de Rome avec une soixantaine de producteurs et la venue de 500 professionnels de la filière (presse, sommeliers, restaurateurs, etc…).

 

 

 

BS: Pourquoi ne pas promouvoir les vins italiens en France ?

 

KM : La France est un marché très concurrentiel et fortement attaché à ses vins nationaux. Toutefois, les consommateurs français sont de plus en plus curieux et ouverts aux vins étrangers, notamment italiens, perçus comme qualitatifs et offrant un bon rapport qualité/prix. Ensuite, certains segments sont particulièrement porteurs : les appellations connues (Prosecco, Chianti, Pinot Grigio), les vins bio/nature, ainsi que la restauration italienne, constituent un canal de distribution clé.

La France est un marché à la fois proche et exigeant. Les deux pays sont les plus gros producteurs de vin en Europe. Ils sont en forte concurrence surtout avec la crise de consommation que nous traversons. La GD France reste un marché « outsider » pour les viticulteurs italiens qui préfèrent investir sur des marchés prioritaires et historiques (Allemagne, USA, UK Belgique)…

 

 

 

BS: Comment envisagez-vous l’avenir économique du monde du vin et en particulier de l’Italie ?

 

KM : On observe une baisse structurelle de la consommation dans des marchés historiques comme la France ou l’Italie. Compensée en partie par une montée en gamme et par la croissance de marchés comme l’Amérique et l’Asie, l’Inde et en Europe, les pays de l’Est. Il y a encore des pays où l’éducation, la formation et la découverte du vin sont possibles et ce sont des marchés vierges où il faut dès maintenant investir en force. Les jeunes générations consomment différemment et il faut leur offrir une vraie expérience à la fois gustative et ludique. C’est d’ailleurs ce que nous développons au CMB. Une approche différente dans le choix de son vin en valorisant le plaisir et en mettant de côté le « savoir ». Le vin doit plaire et offrir un moment à part…Avec les outils marketing que le CMB offre aux vins inscrits à la compétition ce sont les arômes et la structure du vin qui sont mis en avant et non plus le nom, l’appellation, le cépage, le terroir ou le passage en futs ou pas.

Pour se résumer l’ Italie est l’un des leaders mondiaux en volume et en export. Sa force : une grande diversité de cépages et d’appellations, ainsi qu’un excellent positionnement qualité/prix. Elle est particulièrement performante sur des catégories dynamiques comme les effervescents et les blancs secs. Le secteur du vin entre dans une phase d’adaptation. L’Italie a de solides atouts pour rester un leader mondial, mais il devra continuer à s’inventer, à s’adapter au climat et mieux valoriser ses vins pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs. Je reste confiante dans la capacité italienne à innover et trouver de nouveaux axes de production et de communication pour continuer à rayonner durablement.

 

 

 

Plus d’infos

 

Article réalisé par Bernard Sirot.
Photos DR
Journaliste et dégustateur Vintaste

 

 

 

 

 

Numérique viticole : Quand la technologie sécurise les Primeurs

À Bordeaux, la période des pré-primeurs marque le moment où la qualité d’un millésime se confronte au marché mondial. Mais derrière le prestige des dégustations se cache un défi logistique et administratif.

 

Pour les propriétés et les négociants, l’enjeu n’est plus seulement de produire un grand vin, mais de maîtriser une complexité opérationnelle sans faille. Dans l’effervescence des mises en marché, la gestion des allocations et des flux de réservations massifs met les systèmes à rude épreuve. Trop souvent encore, le secteur s’appuie sur des outils fragmentés ou des saisies manuelles sur tableur.

 

Pourtant, chaque rupture d’information constitue un risque invisible mais bien réel : celui d’une erreur de valorisation, d’un doublon de réservation ou d’une atteinte à la réputation auprès des partenaires commerciaux. “La performance d’une campagne ne repose plus seulement sur le chai, mais sur la fiabilité de l’infrastructure numérique capable de supporter des pics d’activité extrêmes.”

 

 

Une réponse métier, le module spécifique Primeurs de CAP Vision

 

Pour répondre à cette exigence de précision, l’approche logicielle doit sortir de la standardisation. C’est dans cette optique que CAP Vision a structuré son expertise au sein de CAP Vignes.

 

Loin d’être un simple outil de gestion, la solution intègre un module spécifiquement dédié aux Primeurs, conçu pour devenir le centre névralgique de l’opération. En centralisant les allocations et en automatisant les flux financiers, ce module permet de synchroniser en temps réel les instructions entre les services ventes et achats. Résultat : une visibilité totale sur les stocks théoriques et une sécurisation des transactions au moment où tout s’accélère.

 

 

Une solution sur mesure

 

La digitalisation du secteur viticole ne peut se faire sans une compréhension fine du terrain. Chaque domaine et chaque maison de négoce possède ses propres usages. Une transition numérique réussie repose donc sur une analyse pragmatique — le « pourquoi » avant le « comment » — afin de garantir l’adoption des outils par les équipes.

 

C’est cette volonté d’accompagnement stratégique qui a conduit à l’ouverture d’une agence à Bordeaux. Avec déjà 50 domaines et négociants équipés, cette présence locale permet de faire évoluer les outils en fonction des réalités du Sud-Ouest, transformant l’infrastructure ERP en un véritable moteur de croissance.

 

 

CAP Vision

 

Créée en 2002 par Régis Bugnon, CAP Vision est une entreprise française spécialisée dans les solutions ERP métiers sur Microsoft Dynamics 365 Business Central. Forte de 38 collaborateurs et d’un chiffre d’affaires de 3,2 millions d’euros en 2025, elle accompagne les PME de secteurs variés en construisant des solutions sur mesure, évolutives et directement adaptées aux besoins métier.

 

Chaque vertical, comme CAP Vignes, est le fruit d’années de développement et d’expérimentations terrain, offrant aux entreprises des outils performants, intuitifs et centrés sur la réalité opérationnelle de leurs équipes.

Pour découvrir concrètement comment CAP Vignes transforme la gestion des domaines viticoles, contactez les.

 

CAP Vision Bordeaux – 3 Rue d’Armagnac, 33800 Bordeaux.

 

CAPVision.fr

 

 

Ouf à Bordeaux, la première attaque du gel n’a pas fait de dégâts

Les vignerons bordelais ont eu raison de s’inquiéter mais le premier coup de froid est passé sans encombres dans le vignoble. Courage et espérance désormais pour tous car les saints de glace sont encore bien loin cette année: du 11 au 13 Mai pour être précis.

 

 

Le temps des Primeurs

 

Place donc désormais à la célèbre semaine des Vins Primeurs de Bordeaux. Inquiétante sinon désespérante ces dernières années, la future campagne peut se baser sur un millésime déjà très auréolé sur l’ensemble des vins produits à Bordeaux. Dans quinze jours, il sera très intéressant de constater la participation aux nombreuses dégustations proposées traditionnellement par les organismes de défense, les œnologues et négociants plus que jamais prêts dans leurs starting-blocks. L’enjeu est en effet crucial pour beaucoup.Certains innoveront cependant en présentant des vins embouteillés prêts à la vente.

 

 

(c) Jean-Bernard Nadeau

En attendant le contexte économique  est toujours difficile

 

Au niveau du business, il semble que les contacts effectués à Wine Paris tardent pour la plupart à se confirmer pour Bordeaux. De son côté Prowein fut marqué par une fréquentation en recul et par un marché mondial du vin en phase de fléchissement notoire avec de nombreux déplacements perturbés par la crise au Moyen-Orient. C’est maintenant au tour de Vinitaly qui a lieu à Vérone du 12 au 15 avril de se préparer à recevoir exposants et visiteurs… Dans le passé seuls les liquoreux girondins trouvaient de l’intérêt à ce salon important. Cette année, le CIVB tiendra un stand collectif avec une trentaine d’opérateurs qui auront l’opportunité de découvrir le marché italien mais aussi de faire découvrir l’offre bordelaise très réputée dans le pays.

 

Dans l’hexagone, deux enquêtes sont venues apporter un peu d’optimisme à la filière bordelaise. L’une financée par le civb affirme que les vins de Bordeaux sont aujourd’hui les préférés des consommateurs français devant ceux de Bourgogne et de Champagne. Elle nous apprend aussi que l’intérêt pour les productions brassicoles décroit après un accroissement notoire… Plus étonnant encore, l’intérêt pour les vins à teneur réduite en alcool irait croissant ( à suivre donc ). L’autre enquête réalisée auprès de 1200 consommateurs et 900 professionnels des grandes villes françaises est tout aussi intéressante. Elle précise que si les consommateurs plébiscitent en première place les vins de Bordeaux, les professionnels quand à eux ne citent Bordeaux qu’à la quatrième derrière la Vallée du Rhône, la Loire et la Bourgogne. ( institut Opsio ).

 

 

(c) Jean-Bernard Nadeau

Adieu Michel

 

Pour terminer nous ne pouvons ni ne voulons passer sous silence le départ d’une illustre personnalité Bordelaise qui a tellement contribué avec tact, compétence et une bonhomie permanente au rayonnement des vins de Bordeaux dans le monde. Michel Rolland, récemment disparu, fait partie de ses hommes d’exception auquel nombre de producteurs bordelais doivent énormément. Son épouse, ses filles et ses proches ont évoqué son départ sur Facebook de manière particulièrement touchante et bienveillante :  ” Michel est mort sur scène et laisse beaucoup d’orphelins : ses proches, ses jeunes winemakers, ses amis, la famille vin… Rien ne nous consolera jamais, mais disons que pour lui le principal ne fut pas les années qu’il y a eues dans sa vie mais la vie qu’il y a eue dans toutes ses années, toujours avec enthousiasme, curiosité, partage, amour, gourmandise et générosité ” Dany Rolland…

 

 

Repose en paix Michel auprès de tes nombreux amis partis avant toi dans les vignes du seigneur…

 

 

Bernard Sirot
Journaliste et dégustateur Vintaste

 

 

 

Oenotourisme : Winescape et Storytelling, transformer un vignoble en destination iconique

Le 26 février dernier, KEDGE Business School et VitiREV réunissaient propriétaires de domaines, experts en marketing et acteurs du tourisme viticole pour une table ronde dédiée au pouvoir du récit dans l’œnotourisme.

 

 

Des échanges riches en enseignements sur l’art de faire d’un vignoble bien plus qu’un lieu de production.

 

 

Le storytelling, moteur d’émotions et d’immersion

 

Raconter une histoire, c’est d’abord créer une émotion. C’est le constat partagé par l’ensemble des intervenants (Frédéric Ponsignon, Professeur de Management à KEDGE BS, Clémence Planty , Château de Malle, Anne-Louise Vigneau, Château Toulouse-Lautrec, Jean-Daniel Debart,  Saint-Émilion Tourisme et Francis Abecassis, Domaines Abecassis.  Ils ont unanimement souligné la nécessité de structurer un récit autour du vin, du domaine et de ses personnages, réels ou fictifs, pour rendre la visite plus marquante et mémorable.

 

Le storytelling fonctionne comme un vecteur d’immersion puissant : il invite le visiteur à entrer dans l’histoire d’un domaine tout en le connectant au territoire qui l’entoure, ce que les anglophones désignent sous le terme de winescape. Loin d’être un simple outil de communication, le récit devient ainsi le fil conducteur d’une expérience globale, capable de toucher aussi bien les amateurs éclairés que les néophytes en quête de sens et de découverte

 

 

Authenticité et ancrage territorial, les piliers d’une identité forte

 

Si le récit est essentiel, sa crédibilité repose sur un impératif : l’authenticité. Partager les réalités quotidiennes du travail de la vigne, les anecdotes historiques du domaine ou les défis propres au métier permet de transmettre une passion sincère et de tisser un lien durable avec le visiteur. Cette transparence, loin d’être une fragilité, constitue un levier de différenciation puissant dans un secteur où l’offre touristique se densifie.

 

Le storytelling ne s’arrête pas aux portes du domaine. À l’échelle territoriale, le patrimoine historique et paysager joue un rôle déterminant dans l’attractivité des destinations viticoles. En soulignant le lien indissociable entre le produit et son terroir d’origine, les professionnels parviennent à donner une profondeur supplémentaire à l’expérience et à incarner les valeurs fondamentales de leur maison. Cette dimension collective s’avère particulièrement efficace dans des régions comme Saint-Émilion, où l’histoire est déjà un pilier central de l’offre touristique.

 

 

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Carnet Primeurs Millésime 2025

Notes d’avril sur les premières dégustations du millésime 2025 avec Marie-Noelle Blay, d’EVV Ensemble de la Vigne au Vin : “des vins équilibrés, structurés avec une réelle capacité de garde”. Ainsi que Jean-Christophe Mau, du Château Brown “Des volumes faibles mais d’une très belle qualité”.

 

 

Les premières dégustations réalisées confirment un millésime 2025 techniquement abouti, caractérisé par de jolies maturités, des extractions maîtrisées et une belle fraicheur.

 

Climat

 


Le millésime 2025 a connu des températures chaudes, un débourrement précoce. Pas de gel heureusement et d’importantes réserves d’eau dans les sols de l’année précédente. Une floraison rapide, peu d’hétérogénéité sur le raisin. Une véraison homogène et rapide aussi, d’où des Vendanges précoces.

Le printemps a été humide et chaud, avec de fortes précipitations en avril et des températures supérieures aux normales au mois de mai. Puis la canicule qui a freiné la pousse de la plante et favorisé le développement des grappes. En août, les grosses chaleurs ont permis de belles concentrations dans les baies. On a pu constater un chargement rapide en sucres et en polyphénols et de belles amplitudes thermiques.

Les vendanges 2025 se sont donc réalisées dans un contexte chaud et sec, ce qui a permis une bonne maturité des raisins dans la plupart des parcelles et nous avons pu constater des volumes de récolte faibles en moyenne.

 

 

Les blancs : précision, maturité aromatique et fraîcheur.

 

Les profils sont nets et précis avec beaucoup de fraicheur. Les vins sont équilibrés sur des agrumes frais, zests, notes exotiques selon les itinéraires techniques choisis sur les sauvignons. Les sémillons ont été globalement parfaitement mûrs. Tout ceci donne des vins d’assemblage avec beaucoup de gourmandise et de fraicheur, une jolie tension et des pH globalement bas, favorables à la stabilité.
 Les moelleux sont également très nets, grâce à un bon état sanitaire, avec des arômes puissants et des équilibres sur la fraicheur également.
Très joli millésime pour les liquoreux, avec des rendements corrects compte tenu de ce millésime solaire.  La pourriture noble s’est installée assez rapidement sur ces secteurs de liquoreux, favorisée par les pluies de fin août. Nous avons des liquoreux de belle qualité et présentant un bon potentiel de garde.

 

 

 

Les rouges : fruités et gourmands.

 

Nous avons eu une bonne adéquation entre maturités technique et phénolique. Avec des extractions maitrisées et qualitatives, les merlots sont globalement très francs avec une belle buvabilité, des bouches denses et sucrantes et des tanins très mûrs. Les finales sont harmonieuses. Les cabernets présentent un potentiel structurant évident, non excessif pour les assemblages de 2025 avec des tanins très qualitatifs, une belle fraîcheur préservée malgré les degrés parfois un peu hauts, et une définition aromatique nette.

 

À ce stade, le millésime s’oriente vers des vins équilibrés, structurés et avec une capacité de garde réelle.

 

 

EVV

 

 

Jean-Christophe Mau, Château Brown :  des volumes faibles mais d’une très belle qualité.

 

2025 est caractérisé par la précocité du débourrement et de ses vendanges mais aussi par la canicule et la sécheresse de son été, marqueur majeur de changement climatique. Le début de printemps fut encore critique par rapport au mildiou, et les volumes produits sont faibles mais d’une très belle qualité. Voici nos premières impressions de dégustation.

 

Le Château Brown rouge est d’une robe profonde aux reflets violines, ce 2025 se distingue par un nez délicat où la fraicheur de la framboise rencontre l’intensité du cassis et de la mûre. Des notes de violette, d’épices et une pointe mentholée viennent enrichir ce bouquet complexe. En bouche, l’attaque est douce et ample, révélant une belle densité portée par une tension constante. Les tanins, soyeux et précis, s’appuient sur un boisé déjà parfaitement intégré. L’ensemble exprime une grande gourmandise à travers des arômes de fruits noirs et de fraise écrasée, s’étirant jusqu’à une finale enrobée et fraîche. Un vin de caractère qui gagne en puissance tout au long de la dégustation.

 

Le Château Brown blanc 2025 se définit par un nez précis et frais, mêlant agrumes, fleurs d’acacia et de subtiles notes de litchi. Dès l’attaque, la bouche révèle un équilibre maîtrisé où une sucrosité délicate est soutenue par une tension constante. Les sauvignons blancs, récoltés à maturité optimale, offrent une complexité aromatique riche en thiols (citron, fruits exotiques) et une minéralité de type silex. Le boisé, déjà bien intégré, apporte du gras tout en respectant l’éclat du fruit. La finale, saline et zestée, offre une persistance salivante et une grande fraîcheur.

 

 

Château Brown

 

 

Arthus de Germay, jeune caviste, défend Bordeaux au cœur du Paris « bobo »

Au cœur du 3e arrondissement de Paris, il bouscule les codes : sélection 100 % française et pédagogie décomplexée. L’article complet est à retrouver dans la Lettre des Éditions Féret.

 

 

Ligérien d’origine et bordelais de formation (INSEEC Wine & Spirits), Arthus fait ses premières armes dans la consultance viticole chez AOC Conseils. En novembre 2022, il choisit de passer de la théorie à la pratique en ouvrant sa cave.

 

 

 

L’image du vin

 

Lors de nos dégustations, je constate une vraie curiosité. Les trentenaires ont envie d’entrer dans l’univers du vin, mais ils se sentent souvent intimidés par le vocabulaire, c’est là que le caviste joue son rôle de traducteur. Contrairement aux idées reçues, je ne crois pas que les jeunes se détournent du vin. Ils y viennent plus tard, avec une consommation plus modérée et raisonnée. Pour Bordeaux, c’est le vin des parents, voire des grands-parents. Les clients n’en demandent pas spontanément, mais une fois qu’on leur en propose, le choc est souvent positif à la dégustation : ils sont surpris par le fruit et la fraîcheur, loin de l’image du vin massif qu’ils redoutaient. À Paris, si la confiance est là, de nombreux jeunes sont prêts à mettre 20 ou 30 € dans une bouteille. .

 

 

 

(c) DR

Les tendances

 

Le bio et la biodynamie sont plus demandés qu’avant, c’est vrai. Mais cela reste marginal chez nous. Je m’applique à casser les caricatures et à expliquer qu’un vigneron sans label n’est pas forcément un pollueur irresponsable. Quant au « sans alcool », c’est une demande émergente, mais elle reste anecdotique Le vin a toujours un lien intime avec le repas et il est rare que le plat ne soit pas mentionné pour choisir un vin. On voit aussi de plus en plus de demandes autour de l’apéritif dînatoire mais ce n’est pas majoritaire.

 

Les styles les plus demandés aujourd’hui sont légers, fruités, peu tanniques, peu boisés.  Sans s’émanciper complètement des AOC, je pense que la notion des cépages est clairement une carte à jouer pour parler aux jeunes générations. Mais surtout, parler de profil et de moment de dégustation. Il est vrai que nous parlons de moins en moins d’appellations car c’est de moins en moins demandé par nos clients, et surtout parce que nous avons rangé nos vins non pas par région viticole mais par ordre de prix.

 

 

 

Séduire la jeunesse

 

Cessons de dire que la jeunesse rejette le vin : c’est faux. Ce qu’elle rejette, c’est la complexité inutile et les codes fermés. À Paris, je vois des jeunes prêts à payer 25 € ou 30 € dans une bouteille, à condition que le style plaise, que le moment s’y prête et que l’explication soit limpide. Bordeaux possède des atouts incroyables : sa diversité, son histoire et son aura internationale. Il faut traduire cette richesse dans un langage direct, axé sur le profil aromatique et le plaisir immédiat. Le marché traverse une phase de rééquilibrage nécessaire., quand la consommation globale baisse, l’offre doit s’ajuster, et cela prend du temps. C’est une période difficile, mais ceux qui produisent des vins cohérents, sincères et bien positionnés continueront bien sûr à trouver leur place.

 

 

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Maison Féret

 

Fondée en 1812 par Jean-Baptiste Féret à Bordeaux, la maison Féret est l’une des plus anciennes maisons d’édition spécialisées dans le domaine du vin en France. Après l’emblématique Bordeaux et ses Vins, dont la première édition date de 1850, Féret publia également en 1889 un annuaire des Personnalités et Notables Girondins. Ce dernier devait constituer le premier
tome d’un corpus consacré aux acteurs qui comptaient dans le département girondin.

 

En savoir plus

Palmarès Concours Mondial de Bruxelles vins rosés 2026

Il y a quelques jours, en Italie (Calabre), 1 100 vins rosés se sont disputés les médailles du Concours Mondial de Bruxelles.

 

 

Ces vins issus de 30 pays ont été dégustés à l’aveugle par un jury international composé de 55 experts venus de 20 pays.

 

Cette session, qui ouvre la saison des compétitions du CMB, sera également l’occasion de présenter les nouvelles initiatives du CMB et de découvrir la production viticole calabraise, et en particulier ses vins rosés.

 

 

France, Espagne, Portugal et Italie toujours au sommet

 

La France, l’Espagne, le Portugal et l’Italie restent les grandes nations du rosé. À l’instar de l’an dernier, la Roumanie figure également dans le top 5, confirmant qu’il s’agit d’un pays à suivre de près sur la scène viticole.

 

Cette année, de nouveaux pays présentent leurs vins au concours, notamment Israël et la Tunisie, tandis que d’autres, comme le Brésil ou la Turquie, progressent dans le nombre d’échantillons présentés

 

Du côté italien, pays hôte de cette Session Vins Rosé, le nombre de vins présentés est aussi en hausse. Il est particulièrement intéressant de noter que la Calabre a triplé son nombre d’échantillons présentés, témoignant de l’engagement des producteurs locaux.

 

 

Palmarès 2026

 

 

 

 

Le Concours Mondial de Bruxelles

 

L’organisation du Concours Mondial de Bruxelles se déroule désormais en 4 sessions distinctes pour évaluer de manière professionnelle chaque type de vin selon leurs spécificités.  Un seul mot d’ordre pour les dégustateurs chevronnés du concours : distinguer les vins dont la qualité est irréprochable, sans préjugé lié à l’étiquette ou au prestige de l’appellation. Le Concours fait partie des plus importants évènements internationaux du genre.