Ligérien d’origine et bordelais de formation (INSEEC Wine & Spirits), Arthus fait ses premières armes dans la consultance viticole chez AOC Conseils. En novembre 2022, il choisit de passer de la théorie à la pratique en ouvrant sa cave.
Lors de nos dégustations, je constate une vraie curiosité. Les trentenaires ont envie d’entrer dans l’univers du vin, mais ils se sentent souvent intimidés par le vocabulaire, c’est là que le caviste joue son rôle de traducteur. Contrairement aux idées reçues, je ne crois pas que les jeunes se détournent du vin. Ils y viennent plus tard, avec une consommation plus modérée et raisonnée. Pour Bordeaux, c’est le vin des parents, voire des grands-parents. Les clients n’en demandent pas spontanément, mais une fois qu’on leur en propose, le choc est souvent positif à la dégustation : ils sont surpris par le fruit et la fraîcheur, loin de l’image du vin massif qu’ils redoutaient. À Paris, si la confiance est là, de nombreux jeunes sont prêts à mettre 20 ou 30 € dans une bouteille. .
Le bio et la biodynamie sont plus demandés qu’avant, c’est vrai. Mais cela reste marginal chez nous. Je m’applique à casser les caricatures et à expliquer qu’un vigneron sans label n’est pas forcément un pollueur irresponsable. Quant au « sans alcool », c’est une demande émergente, mais elle reste anecdotique Le vin a toujours un lien intime avec le repas et il est rare que le plat ne soit pas mentionné pour choisir un vin. On voit aussi de plus en plus de demandes autour de l’apéritif dînatoire mais ce n’est pas majoritaire.
Les styles les plus demandés aujourd’hui sont légers, fruités, peu tanniques, peu boisés. Sans s’émanciper complètement des AOC, je pense que la notion des cépages est clairement une carte à jouer pour parler aux jeunes générations. Mais surtout, parler de profil et de moment de dégustation. Il est vrai que nous parlons de moins en moins d’appellations car c’est de moins en moins demandé par nos clients, et surtout parce que nous avons rangé nos vins non pas par région viticole mais par ordre de prix.
Cessons de dire que la jeunesse rejette le vin : c’est faux. Ce qu’elle rejette, c’est la complexité inutile et les codes fermés. À Paris, je vois des jeunes prêts à payer 25 € ou 30 € dans une bouteille, à condition que le style plaise, que le moment s’y prête et que l’explication soit limpide. Bordeaux possède des atouts incroyables : sa diversité, son histoire et son aura internationale. Il faut traduire cette richesse dans un langage direct, axé sur le profil aromatique et le plaisir immédiat. Le marché traverse une phase de rééquilibrage nécessaire., quand la consommation globale baisse, l’offre doit s’ajuster, et cela prend du temps. C’est une période difficile, mais ceux qui produisent des vins cohérents, sincères et bien positionnés continueront bien sûr à trouver leur place.
Maison Féret
Fondée en 1812 par Jean-Baptiste Féret à Bordeaux, la maison Féret est l’une des plus anciennes maisons d’édition spécialisées dans le domaine du vin en France. Après l’emblématique Bordeaux et ses Vins, dont la première édition date de 1850, Féret publia également en 1889 un annuaire des Personnalités et Notables Girondins. Ce dernier devait constituer le premier
tome d’un corpus consacré aux acteurs qui comptaient dans le département girondin.
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