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#Édito : Le plaisir d’un beau millésime et le regard tourné vers les enjeux commerciaux de cette fin d’année.

La qualité du millésime est la belle récompense d’une saison au climat de tous les excès, et les rendements ne sont pas si faibles à Bordeaux. Mais l’essentiel à venir se trouve dans les enjeux commerciaux de cette fin d’année.

 

 

Un millésime qui fait plaisir

(c) Bernard Sirot

Ne galvaudons pas notre plaisir… Dans les circonstances détériorées actuelles sur lesquelles nous n’épiloguerons pas, le millésime 2026 à Bordeaux comme partout en France d’ailleurs est bien historique et exceptionnel… Dès la floraison une première canicule a mis à mal les perspectives de rendement qui semblaient pourtant prometteuses au débourrement. Le temps chaud, extrêmement précoce s’est poursuivi de manière quasi permanente jusqu’aux vendanges qui furent historiquement précoces. Heureusement quelques pluies à la mi-août ont permis de regonfler quelque peu les baies non encore rentrées. D’autre part, l’état sanitaire quasi parfait partout en Gironde a favorisé une magnifique concentration des baies et des tanins d’une grande maturité. Un pur bonheur pour les trésoreries habituellement plus engagées sur les produits de traitement. Mis à part quelques dégâts résultant de chutes de grêles localisées comme bien souvent le millésime s’annonce d’une qualité exceptionnelle en blanc secs et liquoreux comme en rouge routes régions confondues à Bordeaux. Place désormais aux vinifications et élevages dans les chais…

 

Une fois de plus, ne nous plaignons pas inutilement à Bordeaux au niveau des rendements.Selon les dernières estimations la production française accuserait une baisse de 6 % par rapport à 2025 et de 17 % par rapport à la moyenne de 2021 à 2025. C’est bien entendu conséquent notamment pour ceux qui commercialisent correctement leur production. Les raisons essentielles sont connues: arrachages et aléas climatiques multiples. Cependant Bordeaux tire mieux son épingle du jeu. Malgré les arrachages et la sécheresse , sous réserve des chiffres officiels définitifs qui ne sauraient tarder, la production devrait augmenter de 10% par rapport au millésime 2025 mais toujours de – 11% par rapport à la moyenne de la période 2021 – 2025.

 

 

Prix minimum : accord professionnel inattendu

 

(c) Bernard Sirot

Attendue depuis longtemps, une démarche engagée autour de l’article 172 ter de la réglementation européenne par les interprofessions Bordelaises et des Côtes du Rhône a abouti à la fixation d’un prix minimum d’orientation pour le marché des vins. Il a été calculé à partir des coûts de production constatés et des prix pratiqués pour la vente en vrac de l’AOP Bordeaux Rouge, hors bio précisons le. Ce montant est fixé à 1.100 € le tonneau de 900 litres… C’est à dire 1,22 € le litre et 0,916 le contenu de la bouteille de 0,75 cls. Une orientation nouvelle qui ne va pas faire que des heureux…

 

 

 

Foires aux vins et export

 

Octobre est aussi classiquement la période des foires aux vins d’automne. Il est un peu tôt encore pour évaluer le rythme des affaires. Cependant on observe globalement moins de vins de Bordeaux dans les linéaires et de nombreux millésimes plus anciens en stock provenant des distributeurs, négociants et producteurs. Autre particularité observée chez tous les metteurs ne marché, des offres commerciales orientées vers une modération des offres et des prix à la baisse en réponse au contexte économique actuel…

 

Du côté de l’export, tous les marchés à l’exception de l’Argentine sont à la baisse avec une diminution particulière pour les marchés de productions européens. Néanmoins les premiers frémissements d’une reprise des ventes vers la Chine se font sentir. A suivre donc…

Kristine Mensuiy, Jacques Orhon, Réal Wolf et Frédéric Fleuri

 

 

Nous ne pouvons terminer notre édito sans évoquer la disparition d’un ami québécois, parti beaucoup trop tôt au terme d’une maladie… Réal Wolf était le président des Sélections Mondiales des Vins du Canada, un spécialiste du monde du vin et des concours internationaux dont il était une figure essentielle… Courage à son épouse, ses enfants, et ses proches tellement nombreux…Cher Réal, tu vas beaucoup nous manquer, repose en paix au paradis des vigneron…

 

 

 

 

Bernard Sirot
Journaliste et dégustateur Vintaste

 

 

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