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Les grues sont passées et le printemps frappe à la porte

Le soleil rayonne depuis quelques jours et le millésime 2025 est placé sous le signe de la qualité, mais les trésoreries sont vides et les marchés inquiets.

 

Pour certains, essentiellement en Sud-Gironde, le retour du soleil était indispensable afin de commencer à panser les plaies consécutives aux graves inondations et aux affres de la tempête de mi-février. Pour tous cependant la poussée végétative est déjà observable avec des températures diurnes qui frisent les 20° depuis plusieurs jours. Nous pouvons donc raisonnablement penser au nouveau millésime : va t’on de nouveau vers un millésime précoce ?

 

 

(c) Philippe Labeguerie

Le marché très inquiet

 

Le marché reste cependant très inquiet et on le serait pour moins… Avec la baisse structurelle de la consommation du vin rouge notamment et la stagnation dangereuse des marchés chinois et américains, le vignoble n’arrive tout simplement plus à écouler sa production. C’est d’ailleurs loin d’être nouveau. Certes Wine Paris a ravi certains mais d’autres, moins organisés où peu connus, sont revenus avec un carnet de commandes bien maigrelet. Et maintenant, pointe à l’ horizon l’hypothétique marché des primeurs…

 

Spécifique à Bordeaux, ce système qui consiste à vendre le vin avant qu’il ne soit embouteillé s’épuise dangereusement. Depuis plusieurs années, il végète et il a très mal fonctionné en Avril 2024 et en 2025. Les chiffres de vente sont dramatiques pour tous à quelques exceptions près. Même d’importantes baisses de prix chez certains n’ont pas suffit pour relancer ce marché tellement spéculatif.

 

Qu’en sera t’il en Avril 2026 ? Bien malin celui qui peut répondre à cette question et pourtant.. Ce millésime 2025 est placé sous le signe de la qualité, de la fraîcheur et de l’élégance. Il devrait donc être demandé et c’est tout le bien qu’on lui souhaite ainsi qu’aux metteurs en marché qui en ont grandement besoin. Rarement les effervescents, blancs secs, rosés, rouge ou liquoreux n’ont été autant à la fête si ce n’est les rendements qui ont été partout à la baisse

 

 

 

Les trésoreries sont vides et les cuves pleines

 

De nouveaux arrachages de vignes et des campagnes de distillations sont programmées et financées notamment par l’Europe. C’est tout à fait indispensable pour rétablir un marché cohérent où doivent s’équilibrer l’offre et la demande. Ce ne sera cependant pas suffisant car il faut désormais relancer totalement les secteurs de la consommation. Supprimer tout simplement la loi Evin ne serait pas non plus une bonne solution. Ce qu’il faut, à notre avis, c’est de désormais dépoussiérer certains vins et produire en partie des vins plus frais, moins alcoolisés qui sont privilégiés par les jeunes consommateurs notamment. Penser qu’ils se détournent du vin est une erreur. Ils sont bien souvent en force dans les salons et les séances de tasting.

 

D’ailleurs un nouveau type de vin, le « claret » pourrait parfaitement répondre à ce que souhaite une partie des consommateurs, jeunes et moins jeunes d’ailleurs. En quelques mots, il s’agit d’un vin rouge léger obtenu par une faible macération des cépages rouges. Du fruit, un titrage alcool moindre, peu de tanins et de la fraîcheur en bouche.  Une voie de production estimable qui ne manque pas de promesses

 

BOURGEON, CYCLE VEGETATIF DE LA VIGNE, AU PRINTEMPS, VIGNOBLE BORDELAIS, GIRONDE(33), NOUVELLE AQUITAINE, FRANCE

(c) JB Nadeau

 

Nouvelles perspectives pour les vins…

 

Quoi qu’on en pense, les accords de l’Europe avec les pays du Mercosur et de l’Inde pour le secteur de la viticulture sont de nouvelles opportunités qui pourraient à terme compenser les baisses aux Etats-Unis et en Chine. Des marchés en devenir qu’il faudra travailler intelligemment et rapidement car d’autres pays de production en Europe sont déjà bien installés sur les rangs. Je pense en particulier à l’Espagne, au Portugal mais aussi et surtout à l’Italie qui mise beaucoup sur ces nouveaux marchés avec un dynamisme de premier plan. « Wait and see  » de toute façon car très rapidement nous serons fixés sur l’avenir du précieux breuvage qui a toujours fait tellement tourner les têtes…

 

 

 

Bernard Sirot
Journaliste et dégustateur Vintaste

 

 

 

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