Accueil / Reportages / Édito : 2026, ça y est, c’est parti !
L’année à commencé tragiquement avec ce stupide accident à Crans-Montana qui a assombri dramatiquement la nuit du premier janvier avec de nombreuses victimes, notamment françaises, et pour la plupart dans la fleur de l’âge. Plus généralement ce n’est pas la matière négative qui manque sur ces derniers temps, en général et dans l’agriculture et la viticulture en particulier. Mais je prends volontiers un virage à 180 degrés et vous relate trois expériences vécues fin décembre dans le vignoble de l’Entre-Deux-Mers tellement touché par la crise actuelle.
Je suis revenu de cette région avec un optimisme, raisonné certes, mais bien réel. Trois expériences vécues, assez identiques d’ailleurs, de vignerons qui se bougent et qui sont… heureux. Vous me direz qu’une hirondelle ne fait pas le printemps…Certes. Au vu de la situation, aucun ne se vante et ce n’est d’ailleurs pas du tout dans leur caractère ni dans leurs leurs approches respectives. Mais quatre paramètres identiques sont à observer chez eux. La jeunesse, en tous les cas moins de 60 ans, un dynamisme tout azimut, des femmes aux rôles clés de l’entreprise et une commercialisation en France comme à l’étranger organisée en direct, sans intermédiaires commerciaux de la place de Bordeaux.
Et je ne parle pas de propriétés de taille réduite… Elles font entre 60 et 90 hectares. On ne rêve plus, on observe, on réfléchit, on innove et on passe à l’action. Approche bio, gamme de vins et propositions commerciales intelligentes, marketing de choix animent ces vignerons fort méritants. Et s’il faut travailler sept jours sur sept et rappeler les anciens pour un coup de main, pas de soucis. Ce n’est pas donné à tout le monde mais des solutions existent bien.

Pendant ce temps le Bordeaux bashing continue de plus belle… Il n’y a qu’à allumer la télévision, la radio où jeter un œil sur les réseaux sociaux pour s’en rendre compte.
C’est profondément injuste et illégitime pour tous, malgré les prix pratiqués par certains crus.
Nombre d’observateurs patentés commencent d’ailleurs à s’en émouvoir sérieusement dans leurs articles et sur la toile. C’est donc bien aux producteurs eux-mêmes de prendre en main leur avenir et ils savent qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.
Et cela ne concerne pas que Bordeaux puisqu’en ce « Wine January« , comme chaque début d’année, les hygiénistes de tout bord font campagne contre la consommation d’alcool, en ne faisant aucune nuance entre alcoolisme et consommation modérée de vin. Ok pour une consommation raisonnée mais stop aux interdits et à la prohibition mentale.
Quel avenir pour Bordeaux ?
Pour bien comprendre la crise actuelle, je ne peux que vous conseiller un pamphlet intelligent publié par Renaud Jean, vigneron et négociant dans l’E2M près de La Réole, membre très actif du collectif Viti 33. Vendu 10 € pour récolter des fonds permettant de financer la défense juridique de l’association assignée en justice par la maison Castel suite à un blocage d’entrepôts début d’année passée, il aborde tous les pans de cette crise historique. Prônant un optimisme raisonné il propose aussi des solutions pour sortir d’une crise qui ne fait que tuer nos campagnes et les entreprises qui l’animent.
Nous reviendrons dans un prochain numéro sur cette intelligente et salutaire initiative.
En attendant, nous vous souhaitons une belle et heureuse année nouvelle, pleine d’énergie et de nouveaux projets.
Bernard Sirot
Journaliste et dégustateur Vintaste
Vidéo Jean-Bernard Nadeau
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