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Édito : Une bouée d’oxygène indispensable et tellement attendue…

La récente annonce de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lundi 24 Novembre, en amont de l’ouverture de Sitevi à Montpellier, n’a pas manqué pas d’alimenter les discussions, dans les allées du salon comme dans les campagnes françaises.

 

 

Nouvelle campagne de distillation

 

Attendue avec une impatience vitale par beaucoup, l’aide nationale de 130 millions d’euros consistera à un nouveau plan national d’arrachage définitif mais aussi à une nouvelle campagne de distillation, en priorité réservée aux caves coopératives. Faudra t’il pour autant que le budget 2026 soit voté rapidement…. Autre mesure salutaire espérée par tous. Un allégement des charges sociales MSA de plus de millions € pour la filière sur le mois de novembre 2025, mais aussi l’annonce d’un nouveau plan d’allégements de charges de 10 millions d’euros pour 2026…

Bien entendu, dans la conjoncture financière actuelle, ce n’est pas rien… Cette aide budgétaire exceptionnelle est en retrait par rapport aux demandes de 200 millions d’euros souhaité par la filière mais l’effort mérite néanmoins d’être apprécié. Est-ce bien suffisant et ne se cache t’on pas les vraies questions et surtout nous attaquons nous réellement au fond du problème ?

 

 

 

Une crise structurelle

 

La surproduction est connue de tous et ce depuis longtemps mais ce dont on ne parle que peu, c’est de la chute de la consommation en France… Cette crise, massive et cruelle, est bien entendu multifactorielle. Certains pensent encore, probablement pour calmer les troupes, que l’export repartira comme dans les grandes année. Quel joli leurre, quel optimisme inapproprié…

De la Grande-Bretagne à la Scandinavie en passant par la Belgique mais aussi dans de nouvelles régions françaises, la carte mondiale de production du vin prend de nouvelles formes. on arrache de la vigne dans de nombreuses régions, mais on en plante aussi dans de nombreux endroits, réchauffement climatique oblige, surtout là où la consommation se développe…Et la qualité augmente année après année. De plus, bien souvent les metteurs en marché sont bien plus agressifs et présents au niveau de la commercialisation. Ils ont pris des places de marché partout.  Hélas elles ne se récupéreront pas dans leur intégralité, c’est quasi une certitude.Quelle candeur de penser qu’il ne s’agit que d’un épisode et que la roue tournera de nouveau dans le sens du vignoble hexagonal.

 

 

L’enjeu de la consommation intérieure

 

Par contre, là  où nous pouvons agir de suite, c’est sur la consommation intérieure. Quelles sont les aides prévues pour relancer le vin en France et qui ose poser le problème de manière offensive ? Quasi personne et surtout pas nos politiques, hygiénistes, médias et bien pensants de nos villes.
Pourtant la déconsommation est quasi généralisée, alors, que faire?

En tout premier lieu, équilibrer l’offre et la demande d’où des arrachages conséquents dans certaines régions. Languedoc, Bordeaux, Côtes du Rhône et sud-ouest en particulier.  Ensuite, aider les jeunes qui veulent s’investir dans la vigne. Mais la priorité pour moi est de relancer le plaisir de consommer du vin et, à ce niveau, les pistes sont nombreuses bien entendu… Bien entendu, toute la filière doit se mobiliser et le négoce à une carte déterminante à jouer s’il ne veut pas disparaître des radars économiques.

 

 

Je propose un mot d’ordre absolu : amoureux du vin, de la table et de la convivialité, il est temps de s’unir… Surtout à l’approche des fêtes de fin d’année que nous vous souhaitons heureuses et gourmandes…

 

Bernard Sirot
Journaliste et dégustateur Vintaste

 

Photos Jean-Bernard Nadeau

 

 

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